Faire fructifier notre part de bonheur

Licence CC
Roxanne by Jonathan Kos-Read

Les bienfaits d’une vie heureuse sont innombrables. Cela ne fait pas seulement se sentir bien. De nombreuses études scientifiques ont pu démontrer que le bonheur amène de multiples autres bénéfices. Comparés avec leurs congénères se considérant moins heureux, les gens heureux sont plus sociables et énergiques, plus charitables et coopératifs, et sont plus aimés de leur entourage. Ils montrent également plus de capacité à être flexibles, ingénieux dans leurs façons de penser, et plus productifs dans leurs emplois. Ce sont de meilleurs leaders et négociateurs, qui gagnent plus d’argent que les autres. Ils sont plus résilients dans les moments difficiles, ont des systèmes immunitaires plus solides et sont physiquement en meilleure santé. Le bonheur est donc une source enviable de succès !  Mais comment « devenir » heureux?

Le royaume du Bhoutan a fait du bonheur un indice de qualité dans son pays, et du bonheur de ses citoyens un objectif à atteindre. Le roi de ce pays a ainsi décidé que la meilleure façon de cultiver et encourager l’économie de son pays était d’encourager le bonheur de ses concitoyens (avec le Gross Domestic Happiness indicator). En se focalisant sur le Bonheur National Brut plutôt que sur le PIB, ce pays a produit des bénéfices sociétaux visibles : sécurité sociale universelle et à manger pour tout le monde, bien qu’une grande majorité de la population soit composée de fermiers.

En somme, dans tous les aspects de la vie, le bonheur amène de nombreux autres impacts positifs : en devenant heureux, on ne fait pas que vivre plus de joie, de contentement, d’amour, de fierté et d’émerveillement. Cela améliore également d’autres aspects de nos vies : notre énergie, notre système immunitaire, notre engagement au travail et avec nos collaborateurs, notre santé physique et mentale. Cela encourage des sentiments de confiance en soi et d’estime de soi, et l’assurance que l’on est digne de respect. En devenant plus heureux, ce n’est pas seulement l’individu qui est impacté, mais également les partenaires, familles, amis, communautés et la société au sens le plus large.

Mais alors, comment « augmenter » son niveau de bonheur ? Les niveaux de bonheur de chacun sont-ils dépendants d’une capacité biologique innée, d’un contexte environnemental particulier, du comportement lui-même à un instant T ?

Sonja Lyubomirsky, chercheur diplômée de Stanford, professeur à UC Riverside, est l’un des auteurs les plus prolifiques et reconnus dans le domaine de la psychologie positive, aussi appelée « Science du Bonheur » (Science of Happiness). Dans son ouvrage « The How of Happiness », elle se penche sur cette question.

D’après ses recherches et d’autres études antérieures, voici quelques chiffres :

  • 50 % de la variabilité du niveau de bonheur est inscrite dans nos gènes
  • 10 % repose sur les circonstances de notre vie (argent, santé, beauté etc.) : ce qui est le point étonnant de cette répartition, car c’est le point sur lequel les gens comptent le plus dans leur manière d’envisager le bonheur – je serai plus heureux quand… j’aurai un meilleur job / je serai marié / j’aurai fini mes études / j’aurai une maison etc. Ces points ne sont pas tellement des leviers finalement sur notre niveau de bonheur.
  • 40 % de la variabilité du niveau de bonheur repose sur des activités intentionnelles : c’est ce qui est en notre pouvoir, ce sur quoi on a le pouvoir d’influer immédiatement. Comment faire fructifier ces 40 % ?

Comment modifier les manières dont on pense, dont on se comporte dans notre vie quotidienne ? Attention, on peut modifier aussi bien à la hausse qu’à la baisse notre niveau de bonheur en fonction des actions qu’on entreprend et des pensées qu’on entretient. Et ce n’est pas parce qu’une personne heureuse fait telle et telle chose et qu’on reproduit à l’identique ce schéma que cela fera de nous des gens heureux, il s’agit de données corrélées.

Je vous propose donc un tout premier exercice, à faire chaque soir : l’exercice des « Trois bonnes choses ». Dans nos vies quotidiennes, il est souvent facile de se laisser prendre dans ce qui va mal, et avoir le sentiment que tout va de travers. En même temps, nous avons tendance à prendre tout ce qui va bien comme acquis, sans y faire plus attention. Le résultat, c’est que nous voyons à peine ce qui est beau et bon, qui est susceptible de nous émouvoir – un geste gentil de la part d’un inconnu, ou tout simplement la chaleur du radiateur sur nos pieds un matin froid. Nous manquons ainsi nombre d’occasions d’être heureux et « connectés » émotionnellement aux autres.

La pratique des Trois Bonnes Choses est un garde-fou contre cette tendance. En se rappelant et en lisant trois bonnes choses qui sont arrivées dans une journée – et en essayant de comprendre et de repérer ce qui les a causées – on se connecte sur ce qui est beau et bon dans notre vie. C’est une habitude à prendre, qui peut changer véritablement le ton émotionnel de notre vie, en remplaçant les sentiments de déception ou de droits acquis par ceux de gratitude. Ce qui explique sans doute pourquoi cet exercice est associé avec une augmentation de la sensation de bonheur.

Temps requis : 10mn / jour.
Comment procéder :
Chaque jour, noter trois bonnes choses qui se sont passées sur un carnet, et tenter d’analyser leurs causes. Il est important d’avoir des notes physiques, de coucher sur papier ces pensées, pour pouvoir y revenir ; y penser simplement n’est pas suffisant. Les aspects sélectionnés peuvent être de moindre importance (on m’a préparé un café ce matin) ou de grande importance (j’ai eu une grosse promotion). Certains trouvent qu’écrire avant de dormir est plus facile.

Instructions :
– Donner un titre
– Ecrire aussi précisément que possible ce qui s’est passé, incluant ce qu’on a dit ou fait, si d’autres étaient impliqués, ce qu’ils ont dit ou fait.
– Inclure quels ont été les sentiments engendrés au moment de l’action, et quels sont les sentiments a posteriori lors de l’écriture.
– Tenter de donner une explication sur les causes de ces événements, pourquoi cela s’est-il produit.
– Utiliser n’importe quel style d’écriture, sans se soucier ni de la grammaire ni de la forme.
– Si l’on se retrouver à focaliser sur du négatif, changer d’état d’esprit en cherchant le bon et et les sentiments positifs qui y sont liés. Cela prend du temps et des efforts mais devient plus facile avec la pratique.

Cette pratique apprend à noter, se rappeler et savourer les bonnes choses de la vie. Cela aide à faire plus attention aux événements positifs et donc à s’engager de manière plus entière, à la fois dans l’instant, et a posteriori, de manière à pouvoir aussi les partager avec d’autres. Réfléchir à la cause de cet événement aide à capter des sources plus profondes de bien-être et à cultiver de la gratitude pour ce que nous avons déjà.

Références :
Jeffrey Huffman, M.D., Harvard Medical School, Massachusetts General Hospital
Sonja Lyubomirsky, Ph.D., University of California, Riverside

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s