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Peu à peu, elle disparut. Étrangère à elle-même, lointaine, distante, elle se perdit dans les méandres obscurs de réflexions fuligineuses et glacées.

Mais où sont donc passés le gai, le tendre, les rêves, l’insouciance? Les sourires, les rires, les chatoiements de caresses dorées?

De l’espace, du temps, du repos, des souffles lents et longs, oxygénation nécessaire au secours d’un noyé.

Avec le temps, avec le temps va, tout s’en va, chantait Léo Ferré. Et il avait tout compris, le bougre.

Nous sommes soumis en permanence à cette espèce de tic tac biologique rémanent: valider ses études, trouver un travail, gagner de l’argent, prendre un appartement, trouver quelqu’un avec qui partager sa vie, faire un enfant, se marier (ou pas), changer de travail, voir les enfants grandir et quitter le nid, prendre sa retraite, mourir.

Chacune de ces étapes pouvant être précédée par le mot “vivement qu’on”. Comme si on n’était foutrement pas capables de juste apprécier ce qui se passe, là, maintenant, tout de suite. Je me doute que c’est un constat que plus d’un a fait, et tout le monde se fustige de réagir de cette manière, proclamant à coups de bonnes résolutions alcoolisées au Nouvel An de tout changer pour l’année à venir. Vivement qu’on change tout, tiens.

Par ailleurs, au fur et à mesure de ces étapes franchies, nous voilà confrontés à un nouveau tic tac. Inverse cette fois ci, basé sur les regrets du temps passé, du temps perdu. On repense à sa prime jeunesse, ses premières années, ses premiers baisers, premiers émois, premiers salaires, premiers pas des enfants etc.

Ainsi donc, par un syllogisme abscons, en viendrai-je au propos de ce post:

- Tous les humains sont de perpétuels insatisfaits

- Etre insatisfait c’est con

- Tous les êtres humains sont cons. CQFD.

Tournoiements et brouillard, épais, sourd, lourd, sans fard

Marée noire dont le ressac vient frapper, morne, monotone, prévisible, aux portes de mon cœur, de mes pensées,

Embourbant mon cerveau, pataugeant et stérile, dans cette boue puante que vous représentez.

Inéluctable chute, je me sens basculer, je me raccroche aux branches, et j’y arriverai.

.

Rivières de sang putride qui noient mon désespoir,

Tatouages haïs, conspués et maudits, désormais symbolique des chiens, des traîtres,

Des sans loi, sans dignité et sans honneur,

Je t’imagine à quatre pattes, chienne, salope, putain, catin fielleuse

Tes yeux de veau mort et ton regard torve,

Ta bouche odieuse remplie de ce vit qu’évoque Sade, horreur et cauchemar

Et Dieu que j’aimerais,

Infliger du Marquis les tortures subtiles, sadisme suprême, violence extatique,

Déchiqueter ton corps, lacérer, massacrer de mes ongles, d’un scalpel cette peau qui arbore

Ces dessins de la mort.

.

Les soleils éclatants ne sont que tristes plaines

Abattus et mourants, leur feu s’éteint de peine.

.

“Ma seule étoile est morte

Et mon luth constellé

Porte le soleil noir

De la mélancolie”

Il y a des moments dans la vie, où l’on se sent à un tournant. Nouvelle ville (ou retour à une ancienne), nouvelle vie, nouveau travail, nouvelles habitudes, nouvelles bases.

Je veux me sentir neuve, oublier mes regrets, éviter les remords, ne plus ressasser et juste avancer. Doucement, calmement, mais avancer. C’est un travail sur soi, une remise en question de tous les instants, et c’est en effet quelque chose de difficile que d’assumer ses choix, ses erreurs, essayer de changer, essayer de pardonner.

Mais j’y arriverai.