Retour. Voilà un peu plus d’une semaine que j’ai atterri pour de bon en France, et je me sens encore un peu en décalé.
Chaque jour, j’ai l’impression d’être en vacances temporaires ici. Comme si tout ça était encore iréel, irréalisé. “Monter dans un avion, c’est comme monter dans le sas de sa vie. En apesanteur, en attente. Vers quelque chose. Depuis quelque chose. Pas vraiment nulle part. Mais pas vraiment ici. Entre deux. Destinations. Horaires. Vies?”
Je pensais que le retour serait plus dur que ça. Mais en fait, c’est beaucoup plus facile que prévu. Tout semble simple, calme… évident. Reprendre ses marques. Réintégrer sa propre normalité. Visages connus, espaces apprivoisés. Réflexes, habitudes.
J’avais peur de la sensation de “parenthèse” décrite par de nombreux amis, rentrés avant moi. Cette impression d’un retour en arrière, comme si tout ce qui s’était passé entre temps n’avait pas vraiment existé, comme une espèce de rêve éveillé. J’avoue qu’ils n’ont pas tort, mais que ça n’est pas aussi traumatisant que ça. Je me rends compte par ailleurs que j’ai évolué, grandi, mûri, que je n’attends plus les mêmes choses ou du moins que je suis plus souple quant à leur accomplissement.
J’avais peur de l’amertume, aussi. Me rendre compte que tout continue là bas, sans moi, et réaliser tout simplement qu’on n’est pas indispensable, même si je ne pense pas avoir eu la prétention de le croire. Mais non, pareil, je ne crois pas qu’on se sente amer, au contraire. Réaliser que tout continue, c’est accepter l’idée que nous aussi, on a le droit de continuer, ailleurs, avec d’autres gens, même si on n’aura jamais pareil, et tant mieux. Une boule à neige souvenir intacte, posée sur une étagère, et qu’on secoue juste pour le plaisir, histoire de remuer les souvenirs.
Je suis là. Je suis rentrée.

2 comments
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juillet 5, 2009 à 5:34
benbelou
Hey coucou.
Discours totalement différent d’une amie qui rentre de Vancouver, après une semaine de retour au pays : “Bon ce qui est sûr c’est que Marseille je n’en peux plus, la France je sais pas encore”.
juillet 10, 2009 à 4:23
nightoftimes
Mais je n’ai pas dit que Marseille était l’idéal ou que ca ne me donnait pas envie de m’arracher les cheveux parfois… Non,non c’est juste comme ça : évident.