You are currently browsing the monthly archive for juin, 2009.
Une introduction, une conclusion. Un début et une fin. Je me rappelle mon premier jour ici, mes angoisses et mes questionnements. Le chemin à faire, se souvenir où tourner. Apprivoiser les lieux, les gens. Les visages inconnus, les personnalités à déterminer, les suceptibilités à ménager. Le premier café qu’on m’a offert. En venir à partager de l’humanité avec des gens qui n’ont de commun que leur valeur productive au sein de la même compagnie.
Aujourd’hui, 12 juin, mon dernier jour au travail. Hier soir, c’est en mettant mon réveil pour la dernière fois à cette heure précise, que j’ai réalisé. Du coup, j’ai marché plus lentement, ce matin, pour aller au bureau. J’ai fait une dernière fois ce chemin, en saluant comme à l’habitude tel marchand, ou bien le gardien de l’immeuble. Ceux là ne savent pas que je ne repasserai plus. S’en rendront-ils compte? Non, je ne crois pas.
Ainsi donc, ce matin, en marchant, j’ai volé un peu d’eux, à leur insu. Quelques instants suspendus.
Mes tripes en vrac. Mes jambes en coton. Mon sang qui palpite. Mon cerveau qui fuse.
Mon coeur en saut de l’ange.
J-3
South China Morning Post
Vingtième anniversaire de Tian’anmen: la chape de la censure pèse sur Pékin.
“Hong Kong va marquer le vingtième anniversaire des événements de Tian’anmen; dans le reste de la Chine, toute commémoration sera étouffée”, titre le quotidien anglophone de Hong Kong. Dans l’ancienne colonie britannique, les militants espèrent rassembler jusqu’à 100 000 personnes ce 4 juin, pour une veillée aux bougies en souvenir des victimes de la répression des manifestations étudiantes en 1989 à Pékin. Le journal détaille les mesures de répression prises par les autorités dans la capitale chinoise: arrestation des dissidents les plus en vue, intimidation et surveillance des moins connus d’entre eux, fermeture de centaines de blogs et de groupes de discussion en ligne, bouclage du quartier de Tian’anmen…”
Sentir venir la fin. La voir approcher, et l’attendre. A bras ouverts. Pas impatiemment, car il faut savoir profiter de tout, des derniers moments, des adieux.
Tâcher de tout percevoir à nouveau avec des yeux neufs, pour s’émerveiller encore, une dernière fois. Retrouver les sensations des débuts. Se sentir repartir en arrière, le temps d’un instant, pour mieux accueillir ce qui vient. Revoir des vieux films de Wong Kar Wai, reconnaître les endroits, s’y balader à nouveau, encore une fois.
Dire au revoir avec le sourire, sans amertume et sans regrets. Juste, tourner la page, tranquillement, comme la fin d’un livre qu’on a apprécié, et qu’on relira peut être un jour. Ou pas, si on s’en souvient suffisamment pour juste fermer les yeux, et revivre doucement l’histoire, en souvenir.
Je pars, le 24 juin prochain.
