Le temps de penser. Le temps d’intégrer. Le temps de métaboliser. Je songe, je fonds et me désintègre dans un espace temps en dehors de moi. Au fond, derrière le parc, les tours illuminées. Mégalithes de béton, d’acier et de verre. Valse à quatre temps des lumières.

 

Vue. Mes yeux focalisent sur une goutte qui coule, le long de la tasse. Comme une vie qui se laisse chuter d’un pont. Un saut de l’ange aquatique.

Goût. Le thé me brûle les papilles. Anesthésiée, je ne sens plus rien que la morsure acre du liquide bouillant sur ma langue. Je ne grimace même pas.

Toucher. Le ventilateur balaye ma nuque aux cheveux relevés. Quelques mèches collées par la sueur s’envolent. J’ai presque froid, maintenant.

Ouie. Le chat, collé à ma cuisse, ronronne bruyamment. Un vrai moteur diesel dont je ressens les vibrations dans ma chair.

Odorat. En volutes calmes et tranquilles, cathédrales de fumée, odes fugaces au rêve, l’encens brûle et m’emplit les poumons, la tête, l’esprit.

 

Le temps de penser. Le temps d’intégrer. Le temps de métaboliser.

Tu m’as quittée.

Un instant suspendu, entre deux.

Un instant suspendu, entre deux.