Les cendres volent dans les airs. On sent cette odeur de souffre, âcre et caractéristique. L’odeur de pomme chaude et cuite, aussi. Tels des feux follets, les minuscules incendies égaillent les rues. Remontant à pied vers chez moi, je slalome entre les offrandes offertes aux esprits.
En ce jour de 15 août, nous entrons dans le mois des fantômes. C’est maintenant que sont relâchés sur terre les esprits retenus dans les enfers car ne recevant pas de culte, ou n’ayant pas trouvé la paix, pour cause de mort violente, ou de mauvaise conduite. Ce sont des esprits orphelins, des fantômes sauvages, à qui sont offerts des repas réconfortants et des cérémonies favorisant leur délivrance.
Ce mois des fantômes est dangereux. Surtout dans une rue comme la mienne, réputée pour être hantée. On risque de s’exposer aux mauvais tours de ces esprits torturés et tortueux. C’est tout le paradoxe de Hong Kong. Ce sont les esprits qui vous attaquent, jamais les vivants.
Et oui, je suis au boulot un 15 août. Parce que non, ici, le 15 août n’est pas un jour férié. Pour rester dans le ton du mois des fantômes, je vous maudis, d’ailleurs 

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