Le Delta de la Rivière des Perles.
Lorsque le ferry passe sous le pont reliant l’île de Lantau, la péninsule de Kowloon et Hong Kong Island, on rentre dans le Delta de la Rivière des Perles.
Ce delta qui mène, tout au bout, à Canton. A la vraie Chine. La Chine continentale. Hong Kong est redevenue chinoise depuis 10 ans, mais reste un élément à part, une « Région Administrative Spéciale », où tout est très sain, safe, rangé, propre.
Les bateaux de marchandises ici se pressent. On dirait une immense salle d’attente pour cargos. Dans mon ferry pour Shenzhen, dans le Guangdong, où se trouvent entre autres nos fournisseurs, il y a peu de monde. On nous diffuse un épisode de « Prison Break » (c’est qu’on est à la mode, à Hong Kong !).
Au bout de quarante cinq minutes environ, nous arrivons au port de Shekou. Et là je retrouve la Chine que j’ai connu à Pékin. La Chine qui se bouscule, la Chine odorante, une Chine loin d’être aseptisée, une Chine où on parle mandarin, fort, où on crache par terre, où on rit en se tenant le ventre… Une Chine qui vit. Cette sensation est très étrange. L’impression d’être soudainement plongée dans un bain de réalité, après le doux rêve que représente Hong Kong.
Les couturières. Bruit des machines qui s’activent. Petites mains et regards concentrés. Personne ne parle anglais. Je teste mon mandarin, qui apparemment, est compris, et fait sourire, mais pas se moquer. En tant que blanche, travaillant dans « les bureaux », j’impressionne. S’ils savaient que j’ai 24 ans et des milliers de doutes ! S’ils savaient à quel point c’est eux, et leur culture, qui m’impressionnent… comme je me sens petite, et insignifiante.
Je reprends mon ferry dans l’après-midi. Et ce bain de Chine m’a été salutaire. J’ai les yeux grands ouverts.

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