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Sur le papier, Hong Kong est une Région Administrative Spéciale qui possède un gouvernement, élu au suffrage universel direct.

Sur le papier, Hong Kong possède des médias libres et indépendants, comme le South China Morning Post ; et diffuse de nombreux médias internationaux, comme Bloomberg, la BBC, ou encore TV5Monde, du groupe France Télévision.

Sur le papier, Hong Kong illustre brillamment la devise « Un pays, deux systèmes » chère aux dirigeants occidentaux.

 

Ce matin, TV5Monde ne diffusait pas. La petite chaîne française était remplacée par CCTV France. CCTV, c’est la chaîne publique chinoise, qui existe en de nombreuses déclinaisons.

Ce matin, la BBC ne marchait pas non plus.

 

Et la flamme olympique arrive dans trois jours.

Qu’écrire pour justifier ce titre, construit sur un pathétique jeu de mot me permettant d’utiliser un vocabulaire augmentant le trafic sur ce blogue? (oui, parce que dans les tags apparaîtront forcément les mots onanisme et masturbation, cela va de soi).

 

Et bien, je me dois d’écrire la vérité. Et la vérité, aussi glacée et tranchante que la lame de rasoir qui m’a transpercée lorsque tu m’as quittée, c’est que le stoïcisme émotionnel m’a envahie. Autant vous dire que je suis à nouveau célibataire. Et que l’onanisme est désormais mon activité favorite.

 

Depuis que tu m’as quittée, abandonnée, laissée, je suis devenue un être incapable de compromis. Un être incapable de douceur. Un être incapable d’aimer, de comprendre, d’essayer. Alors, forcément, je ne peux leur en vouloir, à tous ces hommes qui ont eu le courage d’expérimenter ma mauvaise humeur chronique et mes crises existentielles répétitives. Je ne peux leur en vouloir de ne pas tenir bien longtemps. Je ne peux leur en vouloir, eux qui me reprochent de me servir d’eux comme de kleenex, pour épancher mes larmes, pour combler mon vide intérieur, physique, émotionnel, psychologique. Je ne peux leur en vouloir, parce que c’est vrai.

 

La masse de notre relation pèse sur mon cœur, sur mon estomac, sur mes reins, mes épaules, ma poitrine. Chaque parcelle de mon corps se souvient de ton poids sur moi. Chaque parcelle de mon corps est écrasée de ton souvenir.

 

Je me sens engluée. Dans mes contradictions. Dans la tourbe de mes sentiments persistants pour toi. Dans un tourbillon de pensées incessantes. Si seulement je pouvais cesser de penser. Vertige.

 

J’ai d’ores et déjà essayé pas mal de nations. France, Israël, Australie, Afrique du sud, Etats Unis, Maroc, etc. Mais malgré les chocs culturels éventuels, pas de choc émotionnel. Je suis un roc ou plutôt une pierre ponce, qui flotte à la surface, à défaut de couler. Froide, grise, poreuse, je me laisse envahir par mon propre chagrin. Je me noie de mes larmes, me gorge de sel et d’amertume.

 

Tu me manques. A en crever.

Un rayon de soleil qui chatouille mes cuisses.

Marchant au milieu de la ville, des buildings, ces barres de métal que j’appelle « chez moi ».

 

Un rayon de soleil qui caresse ma joue.

Marchant au milieu des cadres pressés, attachés-cases en main.

 

Un rayon de soleil qui réconforte mon cœur.

Et je souris, comme une idiote.

Une relation toute neuve, c’est le plaisir de la découverte du corps de l’autre.

C’est l’apprentissage de chemins inexplorés vers le plaisir. La même carte d’orientation, la même boussole, mais un sentier différent.

C’est le tutorat patient d’un élève attentif afin que d’obtenir en fin d’étude les louanges tant attendues.

 

Aussi, quand il lui demande de lui mettre un doigt dans le cul, elle s’exécute.

J’ai mal aux tripes de savoir qu’elle est morte.

Elle, c’est pas une grand-mère, une sœur, une mère, une amie.

Elle, c’est ma ratoune. Ma boulette, qui m’accompagnait dans tous mes moments, les meilleurs comme les moins bons.

Tu me manqueras, ptite boule de poils, chaude et câline.

 

La seule chose dont on peut être sûrs, dans la vie, c’est qu’on finira par en crever.

 

Alors je vais vous la jouer Amélie Poulain.

Oui, oui, avec les « j’aime », « j’aime pas ».

Mais pas version greluche fanfreluchée.

Non, non, version franc jeu.

 

J’aime la chair crue. Préparée hein, mais crue. Le steak tartare, les carpaccios, les sushis, les sashimis.

J’aime les trucs un peu malsains. Les scènes de viol dans les films, même si ça me met un peu mal à l’aise, et bien je regarde quand même, avec une espèce de fascination qui me terrifie moi-même.

J’aime les musiques qui font pleurer toutes les larmes de son corps pendant des heures. Même si on a rien à pleurer. Mais l’auto apitoiement, c’est tellement bon.

J’aime donner l’avis inverse de ce que je pense, uniquement pour aller a contrario de mon interlocuteur. Me faire l’avocat du diable, en quelque sorte.

 

 

J’aime pas les fleurs qu’on découpe. Elles sont moches en deux jours, et l’eau dans le vase pue rapidement. Ca me flanque la nausée.

J’aime pas les trucs parfaits. Genre la Mainstreet de Disneyland. Faut que ça bouge, faut que ça sente fort les épices et la sueur, faut que ça crie un peu aussi.

J’aime pas les films trop intelligents. Ca me saoule. Même si les blockbusters me saoulent encore plus.

J’aime pas ne pas comprendre. Mais je me satisfais pleinement de ma propre médiocrité.

 

Enfin, la plupart du temps.

 

Il est lourd sur elle. Il ahane, staccato métronomique.

Elle déteste le sexe automatique.

Paupières closes, mais yeux grands ouverts, la nuit passe sur moi comme un corps d’homme sur une femme stoïque. Elle n’apporte ni repos, ni apaisement. Elle n’amène ni soulagement, ni ne permet de stopper les réflexions qui sans cesse me tourmentent. Les minutes défilent. 2h54. 2h55.  

Le temps suspendu d’un souffle, le visage enfoui sous la couette.  

Quand j’étais enfant, la sorcière qui se trouvait sous mon lit me terrorisait tellement que je m’enfouissais sous la couette, et retenais ma respiration aussi longtemps que je le pouvais, pour éviter de faire bouger les draps, dont le mouvement m’aurait trahi aux yeux de l’horrible. Puis, n’y tenant plus, j’exhalais très lentement ce souffle chaud qui me brûlait les poumons de le retenir trop longtemps. J’inspirai à nouveau ce même air, chargé de gaz carbonique, plutôt que de risquer le moindre appel d’air. Je m’intoxiquais moi-même avec ma propre peur.  

Depuis, rien n’a changé. Je m’intoxique toujours la vie avec mes propres angoisses.

3h12.   

Comment diable se fait-il que plusieurs visiteurs soient venus sur ce blogue en tapant entre autres :“fille sexy chaude webcam live” ?

Merci les moteurs de recherche, merci le référencement…

Il flotte.

Et je jure que ça pourrait me plomber le moral, en temps normaux.

Mais là, non, ça va.

La routine est un anesthésiant efficace.

Les questions sont toujours un début de réponse.

Avec la routine, pas de questions.

Pas de réponses non plus.  

Et des posts de merde, accessoirement.

Vous connaissez le jeu “Cluédo”? Le principe: déterminer un ensemble de circonstances liées à la mort d’un personnage, ainsi que l’assassin bien entendu de cette victime désignée.

Bon, et bien, quand j’étais petite, j’avais ce jeu, mais en version VHS (j’aime bien dire VHS, par pur racisme envers le terme “vidéo”, et par amour pour les acronymes à trois lettres, comme DVD, RTM ou PAM, pour lesquels mon lyrisme n’a d’égal que l’antipathie que j’éprouve pour les acronymes à quatre lettres, comme RATP, SNCF ou ANPE). 

Et entre deux séquences présentant les différents personnages et pièces (dont Mme Leblanc, dans la cuisine, dont on pouvait deviner qu’elle était daltonienne - indice n°1 - au gros plan de la caméra sur ses chaussettes dépareillées), on voyait apparaître Mlle Rose, magnifique insulaire native de Bornéo, habillée de satin rouge.  

Dans mon esprit de petite fille, Bornéo était donc associée au satin rouge, et au fume-cigarette que ladite Mlle Rose tenait du bout de ses longs doigts aux ongles laqués. Exotique et enivrante île de Malaisie, dont les couleurs chatoyantes en mon esprit concurrençaient les ors de la Chine quatre fois millénaire.  

Et bien, sachez-le, la couleur de Bornéo n’est pas le rouge. Mais le bleu pur et le vert d’eau. Le chamarré des poissons tigres qui s’agglutinent autour de vos pieds. Le palpitant vert pomme des palmiers de la jungle bornéenne. Le vert de boue des varans qui vaquent, paisibles, dans les marécages. Le blanc piqueté de soleil des plages de sable fin. Les montagnes de chantilly que sont les nuages tropicaux. Déluge d’azur et de lumière derrière mes paupières closes.   

Par ailleurs, et étrangement, ce qui restera aussi en mon esprit, c’est le noir, le sombre d’une soirée en bateau, sur une rivière malaise, au beau milieu de la jungle. Au milieu du noir de geais de la nuit tropicale, suspendus dans le temps et l’espace, clignotements dorés. Fireflies. Petits points timides et néanmoins bien visibles, dessinant très nettement les frondaisons massives des arbres, des lucioles, par milliers… Touches de lumière, touches de poésie, au coeur du sombre, de l’inconnu.  

Comme la vie, quoi.  

On ne peut pas dire que je sois anti-technologie. « Jeune génération », j’ai fait mon mémoire sur les blogues, je sais ce qu’est un fil RSS, j’ai un profil Facebook, je communique avec mes proches via Skype, webcam et msn messenger, je lis les journaux « on line », et je podcaste mes émissions préférées sur mon iPod. Je vis dans une cité de technologie, où les écrans géants de Queen’s Road diffusent les infos ou les derniers clips à la mode (de la Canto-pop généralement).  

Donc non, je ne suis pas anti-technologie. Mais quand on m’affuble d’un casque et d’un micro en plus d’être vissée face à mon PC près de 11 heures par jour, là, je dis non.   

Parce que la technologie est d’ores et déjà un carcan moderne symboliquement parlant.

Quand je défragmente mon ordinateur le soir, ou que je dois finaliser une opération de ce type, la bestiole m’oblige à être physiquement présente pour valider les requêtes successives qu’elle me présente afin d’assurer le succès du processus. Et bien, ça me fait réfléchir.

Quand je me rends compte que mon téléphone portable n’a pas été éteint depuis les trois ans que je le possède (en dehors de quelques coupures liées au manque de batterie), et bien ça me fait réfléchir. Je veux dire, il est TOUT LE TEMPS allumé (ce qui ne justifiera pas vos appels intempestifs sur le coup des trois heures du matin, heure hongkongaise).

Quand je me rends compte que j’ai exactement 322 contacts en tout dans mon msn messenger, et que je connais en effet chacune de ces personnes (même si je n’ai pas parlé à certaines d’entre elles depuis facilement quelques mois), alors que je ne connais pas le nom de mon voisin (à ma décharge, l’ancien a déménagé récemment), et bien ça me fait réfléchir.

Quand je passe exactement 3/4 de mon temps dans un monde virtuel (que ce soit mes 11h par jour devant l’écran de mon pc pour le boulot, ou par la suite le soir sur msn, ou encore dans le téléchargement de vidéos – légalement bien sûr hm hm –), le dernier quart étant consacré à dormir, et bien, ça me fait réfléchir.  

Quand je me rends compte que j’ai un animal de compagnie virtuel, à défaut, alors que j’oublie parfois d’arroser ma plante verte, bien réelle (pardon papa, pardon maman), et bien, ça me fait réfléchir.   

La vérité s’abat sur moi de manière fracassante. Je suis une geek.    

Et là, au boulot, on vient de nous installer Skype. Et la technologie devient un carcan moderne non seulement symboliquement parlant, mais aussi physiquement parlant. Je suis désormais reliée à mon outil de torture par trois fils, et ce 11heures par jour. Un pour le casque, un pour le micro, et un pour la souris. Trois de mes sens (la vue, l’ouie et le toucher) sont physiquement accaparés et reliés à mon extension numérique.   

Et je vous raconte pas la galère quand je veux aller faire pipi, empêtrée dans mes fils.   

EDIT: pour me faire l’avocat du diable (si, si, j’aime bien), faut aussi dire que la technologie a inventé le wireless. Nan mais. 

Emerveillement : n.m, action de s’émerveiller. Ressentir de l’étonnement, inspirer de l’admiration.

Depuis que je suis ici, je cultive ma propension à m’émerveiller.

Ma disposition à m’étonner.

Mon inclination à admirer.

Je m’efforce de continuer à remarquer les petites choses de la vie quotidienne. Les lève-tôts et leur taiqichuan matinal, sur les berges du port, l’odeur du sel, le ciel qui se reflète sur les gratte-ciels de verre.

émerveillement 

J’essaie de saisir comme un daguerréotype sur mes pupilles les instants de ma vie ici. Les imprimer en moi. Les ancrer dans ma mémoire.

Quand l’habitude vient à s’immiscer dans notre vie, toutes les petites choses qui font le merveilleux du quotidien s’estompent. On ne se rend plus compte, on ne regarde plus. La plupart du temps, on connaît mieux les villes qu’on visite que les villes qu’on habite. Tout simplement parce qu’on se dit qu’on a le temps, qu’on la fera demain, cette visite qu’on a prévue depuis trois ans déjà. Ou le week-end prochain. Ou pour les prochaines vacances.

émerveillement

Et on se rend compte qu’on n’a jamais mis les pieds dans un endroit que le premier touriste allemand venu a déjà mitraillé de photos. Je dis allemand, mais je pourrais dire japonais. Ou même français tiens.

L’émerveillement est un don précieux. Qui se perd vite, s’il n’est pas cultivé. Alors ouvrez vos yeux, et respirez l’odeur de l’air. Même s’il est pollué.

émerveillement

Probablement que vous n’auriez jamais remarqué cette odeur de baguette chaude qui y flotte sans ça.

On a beau dire, mais selon moi, la culture chinoise dans ses tréfonds restera toujours inaccessible même pour les plus avertis, convertis de fraîche ou longue date. On peut apprendre, on peut comprendre, mais si on n’a pas été éduqué au sein d’une famille chinoise, on ne « sait » pas.

Avant-hier, c’était une des nombreuses fêtes célébrées en l’honneur de Bouddha. A l’occasion, notre Sifu a emmené son petit club d’Occidentaux (presque autant d’Occidentaux que de Chinois !) à une démonstration de kung-fu. Sachant à quel point il est difficile pour un occidental d’intégrer le milieu sino-chinois, je me suis donc glissée dans la brèche. Bien qu’encore intimement lié aux triades, le milieu du kung-fu, avant d’être mafieux, est avant tout chinois. Donc difficile d’accès.

Environ mille personnes. La salle de restaurant est immense. Notre groupe doit être le seul groupe de blancs. On nous regarde, l’air un peu étonné, on nous sourit. On a dégagé l’espace au centre pour se livrer au rituel. Un panier vert renversé est posé sur le sol, entouré de fruits et de légumes, offrandes au Bouddha. Les danseurs se mettent en place, et revêtent les costumes traditionnels pour la danse du lion. L’un dirige la tête, ses pieds faisant office de pattes avant, l’autre le dos et les pattes arrière.

Grondement des tambours. Fracas des cymbales. Les lions commencent à se mouvoir. Je suis traversée d’un sentiment double. Etrangeté du rituel. Beauté des danses, effrénées. Incompréhension et béatitude.

Combat des lions. Combat de titans aux couleurs chatoyantes et satinées. Le noir vainc. Il récupère les offrandes, les engloutit dans sa gueule immense de papier mâché. Sous le panier vert, un crabe aux pinces menaçantes, vivant. En position d’attaque, il a peur. Il sera lui aussi donné en offrande au Bouddha.  

Je dis inaccessible. Inaccessible, parce que les yeux des enfants, autour de ces lions, regardant ce crabe lutter pour sa petite vie face à ce monstre de papier mâché immense, ne reflétaient rien d’autre que l’évidence.

Le Delta de la Rivière des Perles.

Lorsque le ferry passe sous le pont reliant l’île de Lantau, la péninsule de Kowloon et Hong Kong Island, on rentre dans le Delta de la Rivière des Perles.

Ce delta qui mène, tout au bout, à Canton. A la vraie Chine. La Chine continentale. Hong Kong est redevenue chinoise depuis 10 ans, mais reste un élément à part, une « Région Administrative Spéciale », où tout est très sain, safe, rangé, propre.

Les bateaux de marchandises ici se pressent. On dirait une immense salle d’attente pour cargos. Dans mon ferry pour Shenzhen, dans le Guangdong, où se trouvent entre autres nos fournisseurs, il y a peu de monde. On nous diffuse un épisode de « Prison Break » (c’est qu’on est à la mode, à Hong Kong !).

Au bout de quarante cinq minutes environ, nous arrivons au port de Shekou. Et là je retrouve la Chine que j’ai connu à Pékin. La Chine qui se bouscule, la Chine odorante, une Chine loin d’être aseptisée, une Chine où on parle mandarin, fort, où on crache par terre, où on rit en se tenant le ventre… Une Chine qui vit. Cette sensation est très étrange. L’impression d’être soudainement plongée dans un bain de réalité, après le doux rêve que représente Hong Kong.  

Les couturières. Bruit des machines qui s’activent. Petites mains et regards concentrés. Personne ne parle anglais. Je teste mon mandarin, qui apparemment, est compris, et fait sourire, mais pas se moquer. En tant que blanche, travaillant dans « les bureaux », j’impressionne. S’ils savaient que j’ai 24 ans et des milliers de doutes !  S’ils savaient à quel point c’est eux, et leur culture, qui m’impressionnent… comme je me sens petite, et insignifiante.

Je reprends mon ferry dans l’après-midi. Et ce bain de Chine m’a été salutaire. J’ai les yeux grands ouverts.

Vous avez déjà entendu le bruit du vent dans les bambous ?

C’est un bruit magique.

Hier, jour férié ici, parce que fête bouddhiste, je suis montée au Peak.

Le Peak, c’est le plus haut sommet de l’île de Hong Kong : 552m au dessus de la mer et des buildings, une réserve naturelle étonnamment préservée, une faune et une flore hallucinantes… une espèce de jungle surplombant le centre ville.

Arrivée là haut, je suis dans le flot des touristes et des locaux. Le bruit, la musique, les odeurs, la chaleur étouffante. Pas moyen de voir quelque chose, jour férié, tout le monde est agglutiné sur les rambardes du point de vue. Pas envie de me battre, même si la vue est splendide.

Je redescends, et décide que puisque c’est comme ça, moi, je verrai ce que voient les plus courageux, et je prends donc le chemin qui serpente sur trois kilomètres autour du sommet (moi faire de la marche !).

Je m’éloigne du point de vue. Le bruit s’atténue. Je prends le chemin, plus de bruit, mais certainement pas le silence. Je suis haut au dessus des buildings, et le bruit de fourmilière de la ville ne m’atteint plus. Je me laisse pénétrer par le son du vent dans les bambous, par le bruit des grillons, par le chant des oiseaux. Je me sens à mille lieues d’une ville de 7 millions d’habitants. Je suis seule, au milieu de la forêt. Seule, au milieu du vert et des chants d’oiseaux exotiques.

J’avance, et la vue s’ouvre. Elle s’ouvre sur la mer, les buildings, la fourmilière. Et mon isolement, ici, ne semble que plus appréciable. Le bruit d’une cascade d’eau, quelques joggeurs, le pont de bois qui craque.

Cette ville, en fait, on pourrait très bien en tomber amoureux. Suffit de se laisser faire.